L'historique du club

LE TENNIS CLUB DE DINARD

Le club de tennis de Dinard est sans conteste le plus ancien de France. C’est à Dinard, sur notre sol que se pratiquèrent les premiers tournois de ce jeu qui prit par la suite un essor prodigieux. 1879… Dinard possède un nouveau casino et est une ville balnéaire franco-britannique. Plus de trente familles anglaises et américaines ont déjà, par leur club contribué au lancement de la station. Ces anglais sont presque tous d’anciens officiers des armées des Indes et d’Egypte qui se réunissent au fameux « Club des Messieurs » installé face à la baie du Prieur », qui prendra plus tard le nom de « Dinard-club ». . De leur côté,les dames ne sont admises sur la terrasse du Club que le jour des régates. Elles se retrouvent au « Lady’s club » pour la traditionnelle tasse de thé et au Casino d’où, en bandes elles rejoigneront plus tard les courts de tennis.

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Le 25 avril1879, date mémorable pour Dinard, Williers Forbes qui fut à l’origine de la fondation du très ancien tennis d’Angleterre « Somerton Court » et qui habite la Villa Solidor, près du Grand Hôtel, aidé de quelques compatriotes crée sur des terrains contigus au Grand Hôtel, appartenant à Monsieur Lesage, ancien maire de Dinan le « Dinard Lawn Tennis Club » .

Avant cette date on joue au tennis sur la grève de l’Ecluse face au Casino. C’est précisement à cette époque que débute la grande vogue de Dinard Le Lawn Tennis s’organise très vite et, dès 1886 connaît sa première apogée. Nos amis britanniques organisent une première réglementation et les premières rencontres comptent déjà dans les annales internationales. Tous les tennismen de l’époque tiennent à venir gagner à Dinard lors de la Grande Semaine du Tennis, dans la station dont le renom ne cesse de s’affirmer, surtout dans les dix dernières années du XIX eme siècle. Ainsi, une clientèle de plus en plus select venue de toute l’Europe et aussi de l’Amérique fréquente journellement les courts. C’est sur les anciens courts de tennis que se réunissent les élégances mondaines. Les femmes forment, dans leurs splendides toilettes une bordure ravissante autour des courts où se déroulent sans interruption ces luttes pacifiques qui passionnent le « Tout Dinard « de la saison dinardaise. Le grand tournois de tennis est toujours un spectacle unique par son charme élégant.

La guerre de 1914 qui changea bien des choses modifia bientôt la destinée du « Lawn Tennis ». L’attention du public se concentrera de plus en plus sur les grands tournois à l’échelle mondiale. La coupe Davis et les championnats nationaux de différents pays étaient nés mais Dinard conservera le prestige d’être honoré de la visite de nos grands champions français tels que Cochet, Borotra, Merlin et bien d’autres encore. Aux alentours des années 1910, le grand navigateur et tennisman Alain Gerbault dont la famille est installée à Dinard depuis déjà plusieurs années, fréquente assidûment les courts de tennis de Dinard. Celui qui dira plus tard « c’est à Dinard et à Saint-Malo que j’ai appris à aimer la mer, les vagues et les vents tumultueux », avec une petite équipe de gamins apprend dès cette époque à jouer au tennis sur les courts qui le rendront célèbre. Il y rencontrera en 1921 les quatre » mousquetaires « , Borotra, Brugnon, Cochet et Lacoste.

C’est au grand tournoi international de Dinard, durant l’été 1929 où participeront de nombreuses vedettes qu’ Alain Gerbault, navigateur confirmé, contentera les innombrables admirateurs et amis du Tennis Club. Le vieux club anglais, comme on le qualifie déjà, est alors trop petit pour contenir la foule venue applaudir les champions. Il jouera cette année-là avec Gentien contre ses amis Celbaran et Alain Bernard et gagnera par deux manches contre une après une très jolie partie. L’ ancien champion classé autrefois en première série de France avait forcément perdu depuis, ses principales qualités, après avoir parcouru les mers mais était resté cependant un grand champion. Entre les deux guerres encore, d’autres champions confirmés comme Jean Porée et Jean d’Esménard, aux jeux nets, appuyés et précis animent notre tennis de très belles parties. La guerre de 1939 touchera directement le club de tennis transformé en garage par les Allemands. Ses installations sont complètement dévastées et il fallut tout réparer, tout refaire mais, depuis, les tournois reprennent de plus belle réunissant alors plus de cent inscrits dans le seul simple hommes et le Tennis Club s’enorgueillit de ne compter que des joueurs de la première série de France.

Les terrains, remis en état furent longtemps encore parmi les plus beaux de France. Le cadre y étant exceptionnel par l’étagement de ses courts qui se prêtaient à en faire un site des plus agréables, amenant les plus belles raquettes mondiales . On y vit Henri Bolelli, un des piliers du Tennis Club de Dinard et l’un des témoins les plus sûrs du dernier demi-siècle d’histoire du club. Il y avait gagné son premier tournoi en 1924, âgé seulement de 12 ans et avait été vainqueur plusieurs fois du double avec Borotra, Lesueur et Marcel Bernard. En juillet 1949, malheureusement l’équipe de France composée de Marcel Bernard, Henri Bolelli, Emmanuel Defforges son capitaine, Robert Abdesselam et de Paul Rému sont battus à Dinard, en finale européenne par l’Italie. Au terme d’une très belle partie. De très nombreux noms sont aujourd’hui associés au tennis de Dinard , parmi lesquels on peut citer Philippe Denis, juge arbitre sur la Côte d’Emeraude durant plus de 40 ans, Alain Callegari, élève de Bolleli, Marie-Christine Brochard, épouse Peltre et bien d’autres que la place reservée à cet article nous empêche de citer.

 

Les dernières décennies se joueront désormais à Port Breton et verront de grands champions et championnes pratiquer nos courts : Amélie Mauresmo, Julie Halard alors la numéro 1 française, Nathalie Tauziat, la numéro 4 française, Sandrine Testud, la numéro 5 française

 

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et, en juin 1994, Mary Pierce, première mondiale

 

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Ainsi, les plus belles raquettes mondiales jouèrent à Dinard, ici même où, sur le sol français, s’échangèrent les toutes premières balles entre Français, Anglais et Américains .

Henri FERMIN Ancien Directeur du musée de Dinard Historien de Dinard

(article extrait de ses nombreux livres et conférences relatant le passé de Dinard )